Quelques résultats intermédiaires

Après deux mois pleins de travail sur le terrain, un petit compte-rendu intermédiaire s'impose, qui dévoile les quelques résultats déjà récoltés.


Après un mois d'étude d'archives et des monographies locales (durant juin 2010), depuis début juillet, les deux premiers quartiers définis au préalable ont été visités, à savoir :

     * premier quartier : les trois îlots de maisons entre les rues du 8 mai et Chevalière, et entre la rue De Gaulle et la Place du Cours,

     * deuxième quartier : le vaste îlot entre la rue du Général De Gaulle et la rue des Daùmes, et entre la rue de la Chenale et la ru de la Tour.


Au total, pour l'instant, 34 maisons ont été analysées, quelques unes restant en attente d'un achèvement des prises de vues ou de relevés de détail, soit un rythme d'environ quinze maisons étudiées par mois. Il faut également compter dans ce temps deux semaines pleines de levés de plans, à savoir des triangulations au sein des maisons pour replacer dans l'expace des éléments importants (fragments du rempart du monastère,...) et des séances de relevés dans les ruelles latrines recoupant les îlots entre les rues Freyssinet, du Four, et Chevalière : ces derniers espaces sont aujourd'hui précieux, car, peu refaits, ils gardent énormément de vestiges anciens non ravalés. En effet, ces façades n'étant pas visibles depuis les rues principales, on y a conservés des ouvertures très vieilles (notamment de l'époque gothique), quand les autres façades sur rue ont été constamment remises au goût du jour (souvent aux 17e et 18e siècles).


Au terme de cette première partie de l'étude, plusieurs résultats sont à noter :


         - Les vestiges retrouvés du mur de clôture du monastère sont plus nombreux que prévus : il semble qu'on ait affaire à un mur d'un mètre trente d'épaisseur, et montant sur  la hauteur d'un étage actuel de maison. Ce mur se voit principalement au dos des maisons situées à l' Est de la rue De Gaulle, et de celles situées au sud de la rue de la Chenale (principalement sous forme de limites parcellaires).

          - L'église priorale est mieux conservée que ce que l'on croit souvent : plusieurs arches, notamment provenant des galeries latérales portées sur le plan terrier du 18e siècle, sont encore lisibles au coeur des maisons. De même, plusieurs réemplois de poutres moulurées provenant certainement du monastère ont été photographiés au sein des maisons actuelles.

- Une certaine déception subsiste quant au rempart urbain : aucun vestige identifiable, n'a été repéré, sous forme de mur plus épais ou d'aménagement particulier (ouverture de tir,...)

- L'étude des deux ruelles latrines est féconde : pour beaucoup de maisons dont les façades sur rue sont très tardives montrent des vestiges médiévaux en position arrière, qui montrent l’existence d’un bâti gothique très important sur ces trois îlots. Il semble que l'hypothèse de lotissements gothiques (14e-15e siècles) sur toute cette zone de la ville se confirme. En revanche, pour l'instant, aucun élément de la ville romane (12e siècle) ne surnage.

- Ces mêmes relevés permettent de mettre en lumière une opération de " reconstruction de masse " aux 17e et 18e siècles, aux extrémités occidentales de ces mêmes îlots, soit contre les remparts urbains, mais vers l'intérieur de la ville : ceci paraît logique dans le sens ou la future Place du Cour, encore appelée "promenade" au 18e siècle, devient, hors des remparts, un lieu de promenade, de déambulation et d'observation de la ville ; on va donc chercher à "gommer "l'aspect médiéval jugé trop tortueux et étouffant, en réalignant les façades et en les rebâtissant au goût du jour, principalement dans les zones directement visibles depuis cette "promenade", c.a.d. les extrémités ouest des rues du Four, Freyssinet, et Chevalière.